Pied creux varus chirurgie

DEFINITION

La voute plantaire se creuse (pied creux direct) et le talon peut être basculé en dedans (pied creux varus) ou en dehors (pied creux valgus).

Il existe différentes types de pied creux selon le siège de la déformation. On distingue le pied creux antérieur, postérieur et mixte à la fois antérieur et postérieur.

L'origine du pied creux est le plus souvent neurologique. Si aucune cause n'est retrouvée, on parle de pied creux essentiel.

Les déformations du pied entraînent des modifications d'appui. Le patient se plaint de durillons plantaires douloureux et parfois en cas de varus important d'un appui se faisant uniquement sur le bord latéral du pied. La déformation en creux peut être responsable de conflits avec la chaussure au dos et en arrière du pied. Les orteils peuvent être en griffes et entraîner également une gêne douloureuse. Le varus peut créer une instabilité de cheville. Enfin la dégradation arthrosique des articulations déformées peut devenir douloureuse.

TRAITEMENT

Dans un premier temps, on propose le port de semelles ou de chaussures adaptées.

En cas d'échec, il faudra envisager un traitement chirurgical:

Il s'agit d'un traitement complexe.

Il vise à corriger les déformations. On peut distinguer deux situations:

En cas de déformation réductible non sévère et peu évolutive:

On effectue des ostéotomies multiples (sections osseuses) fixées par du matériel (plaque, vis, agrafes.). Les ostéotomies sont effectuées sur le calcanéus au niveau de l'arrière pied (afin de le décaler le talon en dehors) et au niveau du medio pied ou de l'avant pied (afin de corriger le creux et la pronation associée). Cette intervention est dite "conservatrice" car elle conserve les mobilités articulaires du pied. En revanche elle comporte un risque de récidive de la déformation.

En cas de déformation irréductible sévère ou évolutive:

On effectue un blocage des articulations en bonne position (arthrodèse). On peut être amené à enlever un coin pour corriger le creux (tarsectomie - arthrodèse). Cette intervention est dite "non conservatrice" car elle ne conserve pas les mobilités du couple de torsion du pied. Malgré tout, vous conservez la mobilité de la cheville ce qui vous permet de marcher tout à fait normalement sur un terrain plat. La marche est plus difficile sur terrain en devers ou mou (sable). Elle a l'avantage d'éviter le risque de récidive. En revanche elle expose à long terme au risque de dégradation arthrosique des articulations adjacentes (cheville avant pied).

Mais cette séparation est un peu caricaturale. Les différents gestes peuvent être associés et on peut ainsi effectuer à la fois des ostéotomies et des arthrodèses sur un même pied.

Des allongements tendineux (triceps, fléchisseurs des orteils) et des gestes sur les griffes d'orteils (arthrodèses) peuvent être associés à ces différents traitements. On peut également effectuer des gestes de réparation (tendons fibulaires).

La chirurgie est réalisée sous anesthésie générale et ou locorégionale. Une botte d'immobilisation est mise en place pour s i x à huit semaines selon les interventions.

CONSIGNES POSTOPERATOIRES

Le lever est autorisé dès le lendemain, mais l'appui est proscrit pour une durée de six à huit semaines. Afin d'éviter les phlébites, un traitement anticoagulant est prescrit pendant l'immobilisation.

Après quelques jours d'hospitalisation, vous sortirez avec les ordonnances de soins nécessaires (antalgiques, AINS, anticoagulants). Il est impératif de respecter une mise au repos relative du membre opéré avec surélévation afin d'éviter les complications cutanées qui peuvent être redoutables et font le lit de l'infection.

Vous êtes revu à 15 jours pour vérification de la cicatrice et changement de la botte.

Après six à huit semaines, l'immobilisation est levée et la marche est reprise. Dans certains cas, l'appui peut être encore protégé par une botte de marche quelques semaines. La rééducation débute après la levée de l'immobilisation. L'objectif est une marche sans douleur et sans boiterie entre 3 et 6 mois. La reprise de la conduite automobile et de l'activité professionnelle dépendront de votre récupération (3 à 6 mois).

COMPLICATIONS

Les plus fréquentes :

La récidive de la déformation en cas de chirurgie conservatrice.

La correction incomplète de la déformation peut nécessiter le port de semelles orthopédiques voir une nouvelle intervention.

La raideur quasi inévitable en cas d'arthrodèse.

La phlébite peut survenir en dépit du traitement anticoagulant. Il s'agit d'un caillot qui se forme dans les veines des jambes, celui-ci pouvant migrer et entrainer une embolie pulmonaire.

Comme toute chirurgie, il existe un risque d'hématome qui se résorbe en règle générale tout seul. Il peut exceptionnellement nécessiter une ponction évacuatrice ou un drainage chirurgical.

La cicatrisation, parfois délicate à obtenir, peut nécessiter des soins prolongés.

La consolidation osseuse est obtenue dans un délai de trois mois. L'absence de fusion osseuse après six mois est un signe de l'échec de la consolidation osseuse (pseudarthrose) et nécessite le plus souvent une nouvelle intervention.

Plus rarement

L'algodystrophie est un phénomène douloureux et inflammatoire encore mal compris. Elle est traitée médicalement et peut durer plusieurs mois (voire parfois des années), entrainant une prise en charge spécifique avec rééducation adaptée, bilans complémentaires et parfois, une prise en charge spécifique de la douleur. Elle est imprévisible dans sa survenue comme dans son évolution et ses séquelles potentielles.

L'infection est une complication rare mais grave. Elle peut survenir même très longtemps après la chirurgie et peut provenir d'une infection à distance de la cheville, comme une infection dentaire ou urinaire. Une infection peut conduire à une nouvelle chirurgie. Il vous est fortement déconseillé de fumer pendant la période de cicatrisation, le tabagisme augmentant de manière significative le taux d'infection.

Le blocage d'une articulation entraînera une sur sollicitation des autres articulations du pied, qui pourront se dégrader à long terme et nécessiter elles-mêmes une prise en charge chirurgicale.

La liste n'est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à l'état local ou à une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté.

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